Archive pour septembre, 2011

Dog’s Life

 

Et voici un nouveau texte écrit à la patte (et c’est pas évident de pianoter un clavier à la patte). Dans cet article  un chien nous raconte brièvement sa vie. Nous l’aboie plutôt. Un chien fan de Bumkum, vous l’aurez deviné sinon tant pis pour vous.

Pas n’importe quel chien, puisqu’il s’agit d’un chien à punx ! Mais laissons-lui plutôt le crachoir, sinon il va mordre Là il commence déjà à grogner, la bave aux lèvres…

 

 

« Non, l’expression n’est pas forcément galvaudée : ce n’est pas toujours évident la vie d’un chien. Et vous pouvez me croire, je suis bien placé pour en aboyer. Oh bien sûr, cela pourrait être pire. On n’a pas trop à se plaindre par rapport à d’autres de nos congénères canins. Si on passe le plus clair de nos vies dehors et dans les rues sombres et grises de cités humaines mornes et froides, on n’est jamais seul. On vit en meute comme le font nos compagnons d’aventure et de misère à deux-pattes. Et pour ma part, je dois avouer que mon cou a rarement senti le collier d’une laisse l’étreindre. Si vous saviez ce que ça me fait mal au cœur de voir certains de mes congénères se traîner lamentablement et tristement au bout d’une de ces lanières de cuir. Cela me donne envie d’en grogner de rage ! J’ai si souvent envie de leur aboyer de ronger leur laisse, de mordre la main de leur maître et de courir retrouver leur liberté. Nous, on a au moins la chance de se sentir libre. Devançant nos compagnons dans les ruelles. Nos « maître ». Tiens, c’est marrant d’ailleurs ce terme. Une des formules favorites de nos amis bipèdes c’est justement : « ni Dieu ni maître ». Ils l’emploient sur tous les tons et à toutes les sauces. Et la braillent souvent au beau milieu de la nuit, quand ils ont sifflé un étrange breuvage rouge dans des bouteilles en plastique ou un autre, jaune et qui mousse. J’ai goûté une fois, je pensais que c’était de l’eau, je me suis senti tout bizarre après. Je ne sais pas comment ils arrivent à boire ça tous les jours et parfois dès le réveil… Bref, « ni Dieu ni maître ». Ça doit être ce qu’ils appellent un « credo ». Un truc auquel il croit dur comme (la Dame de) fer. Et c’est sûrement pour cette raison qu’ils ne nous traînent jamais au bout d’une laisse !

Bon, on est libre et en meute. Mais n’allez pas croire que c’est toujours la patte de vivre dehors. Surtout les nuits en hiver. On a froid. Et nos compagnons aussi. Alors eux ils allument de grands feux dans de gros bidons, des « braseros » ils aboient ça je crois. Ils se mettent tous en cercle autour et ils boivent. Il me semble que ça aussi ça les réchauffe. Nous, les quadrupèdes, on court pour ne plus sentir le froid nous mordre les chairs. Et lorsqu’on est épuisé, on se couche sur le pavé, tous collés les uns aux autres. Pendant ce temps, nos compagnons poursuivent leur étrange rituel, parfois jusqu’au lever du jour. Il nous arrive également, tout comme les bipèdes qui nous entourent,d’être affamé. Et ça c’est peut-être le plus dur à supporter dans une vie de chien. Il est très fréquent que mon compagnon m’emmène seul avec lui à travers la ville. Il semble alors tenter de repérer un endroit où nombre de ses congénères à deux-pattes vont se balader. Alors il s’assoie sur le trottoir et pose sa casquette par terre devant lui. Certains bipèdes lui jettent alors des morceaux de métal circulaires, mais nombreux sont ceux qui passent sans même le voir. D’autres le regardent avec mépris. Beaucoup de chiens me regardent exactement de la même façon. Est-ce parce que je n’ai pas de laisse et que je vis dans la crasse et la rue ? Combien de fois ai-je dû aboyer, grogner ou montrer les crocs pour leur imposer le respect ? Ou défendre mon ami ? Ceux que je hais le plus, ce sont ces petits connards de caniches ou de yorkshires. Ces cabots sont insupportables à se la péter comme ils le font. Et ils ont de la voix, je vous jure. Ils pensent peut-être m’impressionner à aboyer aussi fort ! Franchement, je les vois mal mener la même vie que moi. Ils seraient vite perdus ces petits toutous à leurs mémères au milieu d’une meute comme la nôtre. Ils se feraient vite bouffer, ouaf ! Depuis longtemps déjà, je rêve de m’en faire un. Si mon compagnon ne me retenait pas à chaque fois, grrrrrrrrrr ! Pourtant, lui aussi je sens bien qu’il n’apprécie guère les maîtres de ces fichus clébards ! Les plus méprisants et les moins généreux des bipèdes qui soient. Tel maître, tel chien ! Des ordures. Et pourtant, des chiens j’en connais un paquet. Et des deux-pattes, j’en fréquente pas mal aussi. Bref, un jour j’en boufferais un c’est clair ! Marre de me faire narguer par ces cabots en « pull » – le comble du ridicule ! Surtout quand j’ai les crocs.
Le petit manège de mon compagnon dure généralement tout l’après-midi. Cela fini – enfin ! – il rentre dans une boutique. Et ça, c’est le moment que je déteste le plus : non seulement il me laisse seul devant mais en plus il me passe un collier. C’est les seules fois où il le fait et j’ai vraiment horreur de ça ! Je préfère que les bipèdes « tapent la manche » (comme ils l’aboient) à plusieurs. Au moins on est plusieurs chiens à faire la patte de grue ensemble. C’est quand même plus drôle, merde ! Cela dit, il ressort rapidement, du manger et du boire dans son sac à dos. Et on repart rejoindre nos compagnons à deux et quatre pattes. Et il partage toujours son repas avec moi. Je l’ai même déjà vu se priver de manger pour tout me laisser. C’est vrai que là-dessus j’ai de la chance. Certains de mes amis canins en ont moins que moi. Leurs « ni maîtres » leur aboient dessus pour un ouaf et les frappent parfois. Je les hais eux aussi. Qu’ils essaient seulement de lever la patte sur moi et on verra ! Mon « ni maître » ne me ferait jamais ça en tout cas, il me connaît.


Tiens, mon « ni maître » d’ailleurs. Il a une grande crête-de-coq verte sur le crâne et porte de la peau de vache noire sur lui (je trouve ça assez horrible au passage), des bottes, en peau de vache, elles aussi… Lui qui aime les animaux et qui n’est pas une peau de vache, je dois avouer que je ne comprends pas bien. Lui et ses congénères se font souvent emmerder par des types tout en bleu (casquette, chemise et pantalon) quand ils « tapent la manche » ou aboient trop fort la nuit. On se fait même fréquemment virer. A croire que ma meute de bipèdes empiète sur le terrain de chasse des autres. Et ces deux meutes-là, je peux vous assurer qu’elles ne s’apprécient pas beaucoup. Il faut dire que les bleus sont souvent très cons ! Et bizarrement, les deux-pattes à crêtes et clous, évitent systématiquement l’affrontement. Pourtant, merde, on était là avant eux ! Alors on s’en va ailleurs. Et ça m’énerve !


Ah, il y a une saison que j’aime beaucoup : l’été. Non seulement il fait chaud et bon mais en plus, avec les bipèdes on part à l’ »aventure. On s’installe tous dans des camions et on taille la route. Mon deux-pattes fait ça toutes les années. Et pendant que nos amis assistent à d’étranges cérémonies, fort bruyantes et mouvementées et au cours desquelles ils semblent être en transe à bondir et tournoyer en tous sens, nous on rencontre d’autres de nos congénères menant la même vie que nous. Parfois ils arrivent qu’avec certains, on se mette sur la gueule. Souvent on s’amuse ensemble, loin du béton et de la meute bleue. Et des yorkshires ! On croise même des femelles qui ne demandent rien de mieux que de s’offrir à nous. Et c’est vraiment la patte ! Par contre, je ne comprends vraiment pas le rituel des bipèdes, bien que je le connaisse depuis tout jeune. Les chiens auxquels j’en aboie sont aussi perplexes que moi à ce sujet. Il m’est déjà arrivé de me perdre au milieu d’une de ces cérémonies. Et je ne comprends vraiment pas l’intérêt d’écouter du son qui fait mal aux oreilles, de se bousculer, se donner des coups voire se faire piétiner. Les deux-pattes adorent ça, par contre. Moi, franchement… En plus ça dure des heures, plusieurs nuits d’affilées. Mais nous on est libre. On court sous le soleil ou sous la lune, au milieu de la verdure, des camions, des voitures et des cabanes de toile. Et on mange rudement bien, pour une fois. Nos « ni maître » aussi. Et ils boivent beaucoup et finissent dans des états pas possibles. C’est nous qui devons, bien souvent, les raccompagner se coucher. Mais de telles aventures font apprécier la vie de chien. Même si c’est vrai que ce n’est pas toujours facile… »

 

P’tit Ouaf

Publié dans:Articles |on 25 septembre, 2011 |Pas de commentaires »

The Day After

 

Et voici enfin un nouveau texte sur ce blog. Pas grand chose à ajouter à ce qui est déjà dit dedans. Et que celle ou celui qui ne s’est jamais sentit dans un tel état me jette la première bière (promis, je la boirais !).

 

 

 

 

« Le jour d’après, tu ne te réveilles généralement ni très tôt ni très frais. Mais toujours de fort mauvaise humeur. Un rapide coup d’œil sur le radio-réveil t’informe que la journée est déjà bien entamée. C’est mort pour faire tout ce que tu aurais dû faire. Et c’est comme ça presque tous les jours. C’est mort aussi pour aller profiter du soleil. De toute façon, le soleil tu chies dessus et il te le rend bien ! Un autre bref coup d’œil près de toi et tu constates, qu’une fois encore, tu es rentré seul. Rien de nouveau dans le brouillard ni sous le blizzard de ta couette ! Tu crois pourtant te souvenir, vaguement certes, que la veille tu avais taillé la bavette avec une charmante jeune femme. Mais cette dernière avait dû prendre la fuite face à tes propos totalement incohérents et tes monologues d’alcoolique dépressif. De toute manière, qui pourrait supporter un adolescent attardé de trente ans névrosé à mort plus de trois jours ? Déjà que pour toi c’est pas évident tous les jours…

 


Qui plus est, dès ton réveil, tu as à supporter une colonne entière de panzers appuyée par une escadrille de stukas dans le crâne. Alors qu’Enola Gay a lâché sa bombe dans ton foie. Et la déprime post éthylique qui va avec. La journée s’annonce donc sous les meilleurs auspices et tu te demandes si tu ne ferais pas mieux de la passer dans ton lit. A mater des Simpsons ou des South Park histoire de te remonter le moral. Jusqu’à ce qu’un vilain rôt te tire violemment et sournoisement de ta couette et te fasse courir jusqu’aux toilettes. Au passage, titubant que tu es, tu trébuches plusieurs fois manquant de peu de t’étaler de tout ton long. Mais tu parviens tout de même à destination, juste à temps pour t’agenouiller face à la cuvette des chiottes pour y vomir de la bile et du mal-être. Et c’est pas beau à voir. Un peu comme la gueule de déterré que tu viens juste de croiser dans le miroir de la salle de bain. Regard de cocker triste souligné par des poches de trois kilos sous chaque œil. Et au moment où tu te relèves, un nouveau raz-de-marée te remontant des tripes ou du foie te fait te réagenouillé. On pourrait penser que tu pries, alors tu en profites pour vomir sur la religion, ça sera toujours ça de pris !

 


Quand les conditions climatiques se font enfin plus clémentes, tu retournes illico te coucher. Que pourrais-tu faire de mieux ? Tu n’as pas la moindre envie de voir qui que ce soit et encore moins de te faire agresser par le soleil qui brille dehors. Un coup à ce que tu te changes en poussière comme un vampire. On ne passe son temps à vivre la nuit impunément. A force, on devient presque un vampire… suceur de bières, de whiskys tourbés et de rhums vieux ! Et sous ta couette, tu gamberges. Plusieurs années que cela dure. Plusieurs années à t’autodétruire en voulant noyer tes démons. Plusieurs années de perdues, au lieu de tâcher de faire des choses constructives. Même si cela t’arrive parfois de réaliser du constructif, tu replonges assez rapidement au fond d’un verre ! Pour faire la fête, mais pas à chaque fois. Souvent tu n’y trouves que ta solitude ou ta tristesse. Et tes démons nageant et te narguant alors que toi, tu es en train de te noyer ! Pour te rassurer, tu peux te dire que la blonde, elle au moins, te reste fidèle. Mais ça n’a finalement rien de rassurant. C’est même plutôt inquiétant. Triste et à pleurer.

 


Pour chasser tes idées noires, tu te rêves en Bukowski. Cet écrivain génial et alcoolique au dernier degré. Mais tu n’as pas son talent pour la prose ou la poésie. Tu n’as même pas encore sa descente, bien que tu t’entraines régulièrement ! Tout au plus, ressens-tu le même dégout que lui de la société et de la plupart de tes contemporains. Ses moutons zombis se complaisant dans une survie ne valant pas même la peine d’être vécue. Finalement, toi tu t’autodétruis dans l’alcool, eux le font dans le travail et la surconsommation. Et des relations humaines frelatées. Qu’est-ce qui est le pire ? Qu’est-ce qui est le plus déplorable ? Le plus gerbant ?

 


Alors, tu finis par écrire un texte dans lequel tu étales tes états d’âme d’un lendemain de cuite. Et ça sera toujours ça de constructif de fait en attendant ta prochaine noyade au fond d’un verre… »

 

P’tit Fred

Publié dans:Articles |on 23 septembre, 2011 |Pas de commentaires »
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