Archive pour la catégorie 'Noire & polar (non éditées)'

Et C’Est Un Strike !

 

Une autre nouvelle pas toute fraîche et qui n’a pas non plus été publié. Assez « impersonnelle » comme Viva La Muerte, mais qui, je pense, va également à l’essentiel. Elle a été inspiré, notamment, par la vague des suicides en chaîne au sein d’une certaine société de téléphonie, dont je tairais le nom pour ne pas lui faire de pub. Mais mon ressenti et mon vécu du monde du travail m’ont donné suffisamment de haine pour avoir eu envie de l’écrire.

L’écriture, un exutoire et une thérapie ? A votre avis ?

         « Cette histoire a fait les gros titres de tous les journaux. Tous les grands média nationaux en ont fait leurs choux gras. Pendant au moins deux semaines. En tout cas, jusqu’à l’annonce d’une catastrophe aérienne, sur une ligne d’une compagnie « low coast », qui fut encore bien plus meurtrière. Et qui, elle, toucha réellement des innocents.

Cette histoire fut, pour les média, un très bon prétexte pour éviter de parler des expulsions d’immigrés clandestins, du quasi-démantèlement du droit du travail ainsi que des nouvelles réformes de la sécu qui allaient mettre encore plus de trimards sur la paille. Un subterfuge comme le spectacle médiatique en a le secret. Ca, ce n’est pas un scoop !

 

          La première thèse, largement défendue par tous les journaleux inféodés aux pouvoirs économique et politique, était qu’il s’agissait d’un attentat commis par un kamikaze islamiste. Et c’est vrai que de prime abord cela y ressemblait drôlement. Mais cette belle théorie n’a pas tenu plus de trois jours. Réduite en miette lorsqu’un petit canard local a publié la fameuse lettre. L’acte était donc clairement revendiqué. Pas par un groupuscule islamiste. Même pas par une organisation politique. Mais bien par un seul homme. Se déclarant unique responsable de son geste et en assumant pleinement toutes les conséquences. Ca, pour assumer, on peut dire qu’il a assumé ! Pas longtemps, certes. Parce que si son geste semblait tant être un suicide, c’est qu’il n’était rien de plus que cela. Et sa lettre, bien que les média l’est affublée du sobriquet de « courrier de revendication », n’était en vérité rien d’autre qu’une lettre de suicide. Soyons raisonnables deux secondes, qu’est-ce qu’un type mort pourrait bien avoir à revendiquer ? Une meilleure paie dans un hypothétique autre monde ? Une place à la droite de l’Autre Connard (encore faudrait-il qu’il existe, l’Autre Connard) ? Un enterrement décent alors que son corps, sa chair, sa cervelle, ses tripes et le reste, mêlés à ceux des autres, étaient tout bonnement réduit en une espèce de steak haché peu ragoûtant mais, surtout largement étalé sur les murs et jusqu’au plafond ?!!

Alors bien sûr, beaucoup continueront de vous soutenir qu’il s’agissait d’un acte terroriste. Dans ce cas, le mec qui se pend, celui qui se fait sauter le caisson au boulot, celle qui avale tous ses somnifères en une seule fois ; ceux-là aussi sont des terroristes !

Cet acte, ce suicide, déconcerta et surpris tous les gens qui connaissaient, de près ou de loin, le bonhomme. Il fallait voir son ex-compagne qui, interrogée par le reporter d’un JT national, les larmes aux yeux, déclarait qu’elle ne comprenait pas ce geste si extrême, si atroce… Clément qui était si calme, ne s’énervant réellement qu’en de rares occasions, si gentil, tolérant même… Comment avait-il pu en arriver là ? Vraiment, elle ne se l’expliquait pas. Idem pour les quelques amis et ex-collègues de Clément. Personne ne comprenait son geste. Alors que pour cela, il suffisait de prêter attention à la lettre qu’il avait rédigée et qui fut publiée dans les journaux. 

 

          Clément, qui avait mûrement réfléchi et préparé son acte, expliquait tout dans le détail sur cette missive. Comment, après s’être muni d’un flingue (grâce à des relations dont il ne touchait mot) il avait d’abord imaginé se faire brûler la cervelle, bien calé dans son fauteuil. Puis comment il revint sur cette décision, désireux qu’il était de faire payer les salopards qui l’avaient acculé à la situation dans laquelle il se trouvait. Quitte à se foutre en l’air, autant que ce geste désespéré serve à en emporter d’autres dans la tombe ! Evidemment, cela demandait beaucoup de préparation, de la discrétion et de la prudence. Mais Clément était fermement décidé et patient. Les salopards dont il parlait dans sa lettre, n’étaient autres que le PDG et les membres du Conseil d’Administration de la boîte dans laquelle il avait trimé pendant 15 ans. Clément était un petit employé de bureau au sein de cette entreprise, que les grands patrons avaient fait fermer un beau jour. Ce matin-là, en se rendant au turbin, il eut la stupéfiante surprise de voir tous les ouvriers désoeuvrés devant les ateliers. Ateliers qui avaient été vidé de leurs machines au cours de la nuit. Les prolos lui expliquèrent qu’il devait s’agir d’une de ces fameuses délocalisations. Pas plus tard que la veille, un cadre avait pourtant déclaré à l’ensemble du personnel que la situation financière du groupe ne conduirait ni à des licenciements ni à un quelconque plan social. Pas de licenciements, effectivement, mais un outil de travail qui venait de se volatiliser au beau milieu de la nuit ! Plus de boulot, plus de pognon ! Cette affaire finit par passer en jugement. Mais comme on ne retrouva jamais les responsables de la boutique, aucune condamnation ne put être prononcée. Quant aux grands patrons de la holding à laquelle appartenait cette boîte, ils s’en tirèrent finalement à bon compte, simplement condamnés à verser de ridicules indemnités de licenciement aux travailleurs. La loi du pot de fer contre le pot de terre. La lutte entre le capital et le travail. Toujours les mêmes qui s’en sortent et les mêmes qui s’enfoncent dans la misère.

Clément faisait partie de ceux qui sombrèrent dans la merde ! N’ayant toujours pas retrouvé de travail au bout de deux ans, plombé par des dettes auxquelles il ne pouvait plus faire face, sa situation financière et sociale s’apparentait de plus en plus au naufrage du Titanic. Avec ça, en désespoir de cause, il se noya dans l’alcool et perdit sa compagne et son appartement. Il en fut bientôt réduit à loger dans une minuscule chambre de bonne, juste sous les toits. Trois ans seulement après cette affaire, son quotidien se limitait donc à des rencarts avec son assistante sociale, des passages à la croix rouge pour des colis alimentaires ou à la soupe populaire ; tout cela lorsqu’il ne passait pas ses journées à vider des litrons d’un mauvais rouge très bon marché et en emballage plastique. Ceux qui l’avaient acculé là, devaient donc payer ! Il prémédita donc longuement son geste.

Un jour, il apprit dans la presse que, quelques mois plus tard, le CA de la holding devait se réunir dans les locaux flambants neufs du siége de la société. Une chance inouïe pour lui, cela se passait justement dans la ville ! Clément, qui depuis pas mal de temps déjà, passait le plus clair de son temps à ruminer sa rage et à s’autodétruire et qui commençait à songer sérieusement à un suicide plus radical encore, vit une idée se faire jour dans son esprit embué par l’alcool. Au fur et mesure que son projet prenait forme, il changea du tout au tout. Et alla jusqu’à prendre la résolution d’arrêter de picoler. Ainsi, au bout de quelques semaines, son esprit devint plus clair et il put échafauder son plan. L’idée : s’infiltrer au cœur du banc de ces gros requins et les éliminer d’une manière radicale. Cela lui paraissait être justice. En effet, depuis plusieurs mois déjà il eut vent d’un certain nombre de suicides parmi ces ex-collègues (des ouvriers, des employés et même un cadre ou deux). Alors, les huiles aussi allaient se faire suicider à leur tour ! La justice populaire en quelque sorte.

Ayant encore des relations parmi ceux qui travaillaient au sein de la société, Clément n’eut aucun mal à apprendre dans quel restaurant huppé les requins allaient déjeuner le jour de leur réunion. Il réussit même à se faire embaucher comme serveur dans le restaurant quelques mois avant la date fatidique. Puis il emprunta de l’argent à l’un de ces tout derniers amis, afin, lui avait-il prétendu, d’acheter des habits présentables et de se payer le transport pour se rendre à son nouveau boulot. L’ami en question, si heureux de le voir enfin décidé à se tirer d’affaire, n’hésita pas et lui prêta même plus que ce que Clément lui avait demandé. Clément se mit alors à travailler d’arrache pied, ne comptant pas ses heures, ne sortant plus, ne buvant plus et ne dépensant que le strict nécessaire pour manger, payer son petit loyer, et acheter du tabac de temps en temps. Sa soudaine transformation surprit tous ceux qui l’avaient vu sombrer et qui le fréquentaient encore. Au bout d’un certain temps, ayant mis suffisamment d’argent de côté et grâce aux relations qu’il préférait ne pas mentionner dans sa lettre, il put se fournir quelques pains de dynamites. Voilà. Il avait un flingue, des explosifs tout était donc prêt.

Lui, qui avait tout perdu, même avec son nouveau travail, n’espérait plus rien de la vie. Sa compagne, parti avec leur unique fils, avait totalement coupé les ponts. Et aucun moyen de renouer le contact. Alors bien sûr, Clément hésita parfois à passer à l’acte. Ce nouveau job, qui lui fournissait de quoi vivre et lui permettait surtout de s’immerger à nouveau dans le monde des « vivants ». Des vivants ? Non ! Rien d’autre que des cadavres en devenir ! Tout comme lui. Des gens si résignés à courber l’échine toute leur vie (ce qu’il avait fait lui aussi, dans le passé), qu’ils en sont déjà morts alors qu’ils croient vivre encore ! Des zombies ! Et ça n’a rien à voir avec un film de série Z. Non, là ce n’est que la sinistre réalité. Des individus ne ressentant aucune colère, aucune rage, ne s’offusquant même pas lorsqu’ils voient un clochard leur tendre sa main froide. Ne se révoltant même pas face à leur propre condition d’esclaves ! Oui. Tous ces gens ne sont rien de plus que des zombies ! Ce monde est foutu et eux se sont depuis longtemps déjà, fait déposséder de leur vie ! Mais pas la moindre colère en eux. Pas la moindre velléité de rébellion. Rien que de la résignation. Lui, Clément, est sans doute résigné à mourir. Mourir pour de bon. Mais au moins son suicide ne sera-t-il pas totalement vain. Alors, sa décision sera irrévocable. Il a passé bien assez de temps à la préméditer pour ne plus pouvoir revenir en arrière.

Tout cela était expliqué dans sa missive. La suite le sera, avec plus ou moins de véracité, par les média.

          Le jour J, Clément, comme tous les autres jours, se lèvera, avalera un café noir accompagné d’une cigarette roulée, prendra une rapide douche. Mais ce jour-là, avant de s’habiller, il se ceinturera avec ses bâtons de dynamite. Puis enfilera ses sapes. Le détonateur de la bombe humaine qu’il était alors devenu, bien planqué, mais à portée de main. Le flingue, planqué lui aussi (dans le calbute !). Il ne comptait pas s’en servir, mais c’était juste au cas où. Il avait quand même bien pris ses précautions. Souhaitant éviter les dommages collatéraux du genre, un travailleur innocent foudroyé par le feu d’artifice. Il ne voulait surtout pas frapper à l’aveugle. Ca, c’était bon pour les fanatiques d’un Dieu ou d’une cause. Mais pas pour lui. Non. Les seuls qui devaient y passer, sont les fumiers qui l’avaient poussé, avec tant d’autres comme lui, dans la misère la plus noire. Eux et tous ceux de leurs castes devraient enfin payer pour leurs actions ! Et les gouvernants pour leurs crimes.

          Il eut, en arrivant au restaurant, ainsi que tout le reste de la matinée la gorge nouée, la bouche sèche. Trop peur d’être pris ou de manquer son coup. Cette demi-journée fut un branle-bas de combat. La préparation d’un déjeuner somptueux pour les cannibales qui acculaient tant de trimards à se serrer la ceinture, quand ce n’était pas tout bonnement à la famine. Une inégalité révoltante parmi tant d’autres ! Clément travailla encore plus d’arrache-pied que d’habitude. A la plonge, à la mise en place des plats pour les affameurs se goinfrant sur le dos des affamés. Tout se déroulerait selon ses plans. Le restau était entièrement réservé à ces parasites. Puis arriva le moment qu’il attendait tant. Onze heures trente. Les invités s’installant dans la grande salle de l’établissement trois étoiles. Tout joyeux qu’ils étaient de pouvoir s’empiffrer à l’œil. Tout cela était, bien entendu ; payé par la société qui, par ailleurs, dégraissait ses rangs de travailleurs. Eux, par contre étaient aux anges, persuadés qu’ils étaient de s’engraisser ce jour-là. Assurément, ils ne devinaient aucunement le sort que Clément leur avait réservé. Il commença à servir les premiers plats, faisant la navette entre la cuisine au fond du restaurant et la grande salle. Puis, les entrées étant toutes sur l’immense table, il revint vers elle. Laissant les invités commencer à déguster leur plateau de fruits de mer accompagné de vin blanc tout en palabrant et en rigolant. Il leur demanda, d’un ton très commercial, si cela leur plaisait. Beaucoup s’accordèrent à trouver cela excellent. On va quand même passer directement au plat principal, songea Clément. Ayant reconnu, juste en face de lui, en bout de table, le PDG de la holding, il sortit son gun, le pointa droit devant lui, visa et fit feu. La balle vint se loger pile entre les deux yeux du grand manitou. Un coup de maître. Clément avait eu tout le temps de s’entraîner au tir. La cervelle du grand patron gicla de derrière son crâne. Une traînée rouge dégoulina le long de son tarin. Tous les convives, stupéfaits, cessèrent de mastiquer, regardant, tour à tour le serveur et leur patron tué net. La tête bouffie et lourde de ce dernier, tombant en avant, s’écrasa sur son plateau de fruits de mer à peine entamé, dans un fracas effrayant. « Vous n’allez tout de même pas tous nous abattre ? » bafouilla une des huiles à l’adresse de Clément. Celui-ci jubilait. Personne n’osait bouger de table de peur, sans doute, de subir le même sort que le grand chef. Clément savoura ce court instant. Il se délecta même de lire la frayeur dans tous ces yeux tournés vers lui. Puis il s’exclama : « Rassurez-vous. J’ai encore mieux que ça pour vous, mes braves gens. »

          Le patron du restaurant, qui avait entendu la détonation, eut à peine le temps d’arriver dans la salle et d’être abasourdi par le spectacle. Clément tenait déjà le détonateur au creux de sa main. Le voyant, le restaurateur, ainsi que quelques convives se précipitèrent vers la sortie. Et ce n’était que hurlements de terreurs. Un pur moment de bonheur pour Clément. Trop tard pour tout le monde. Pour ceux cloués sur leurs sièges, comme pour les autres atteignant à peine, dans la cohue, la porte de l’établissement. Trop tard pour lui aussi. Clément pressa alors le bouton. L’explosion désintégra le restaurant. Les vitres se brisèrent en morceaux qui voltigèrent dans l’air avec des blocs de béton et de la fumée. Le fracas en fut assourdissant et effroyable. Le serveur fut réduit en bouillie. Mais les autres, les patrons, les cadres sup., les gros actionnaires ; tout ce joli monde, subit à peu près le même sort.

          Arrivant sur les lieux, les secours comme la police ne purent que constater les dégâts. Un tas de décombres sous lequel ne se trouvaient que quelques rares corps encore presque entiers. Sinon, rien de plus qu’un amas de béton, de poutres métalliques, mêlées à de la chair et des viscères humains réduits en charpies. Un carnage. Une boucherie. Un restaurant bourgeois ayant prit des allures de Verdun suite aux grands massacres de la Première Guerre Mondiale. Une tuerie qui, presque comme à Verdun, n’aura laissé aucun survivant. Quelques passants furent également touchés par la déflagration. La plupart s’en sortirent tout de même sans trop de mal. Un dommage collatéral que n’avait pas pu éviter Clément. En tout cas, un coup comme il venait de le faire, au bowling on appellerait ça un « strike ». Une seule boule envoyée dans le jeu de quilles et plus une seule d’entre elles ne reste debout après le lancer. Au bowling, c’est un coup de maître. Dans ce cas, on appelle ça un « attentat », un « acte criminel ».

 

          Cette histoire a fait et fait encore le beurre des média. Elle fait exploser l’audimat après avoir fait exploser un restaurant. Plus de dix mois plus tard, on le sait maintenant. Si on en parle tant aujourd’hui, ce n’est pas uniquement parce que les commentateurs et autres experts à la mord moi le nœud, n’ont que cet acte à analyser. Non. C’est surtout parce que Clément, sans l’avoir voulu, a fait des émules. On en compte déjà des dizaines de désespérés comme lui, qui, après avoir flingué leurs patrons et leurs chefs retournèrent l’arme contre eux. Ou qui foncèrent à toute allure, avec leur bagnole, sur des flics, des juges avant de s’emplafonner dans un mur. Et même d’autres serveurs de grands restaurants ou d’hôtel qui, ayant trouvé l’audace d’empoisonner certains de leurs gros clients (des grands patrons, des grands journalistes et même quelques politiques), se balancèrent au bout d’une corde. Et d’autres encore. Des dizaines de lettres de suicide envoyées à la presse, comme celle de Clément.

 

          On a palabré sur les névroses engendrées dans le cœur des gens par cette société de surconsommation. Cette société répressive dont les seules valeurs sont l’argent et le travail, ou plutôt l’esclavage salarié. Des valeurs qui n’ont rien à voir avec la dignité, le respect, la solidarité, la liberté… Bref, l’humanité ! Névroses, semble-t-il, à l’origine de telles gestes extrêmes. Mais personne ne fut arrêté et mis sous les verrous après avoir accompli son forfait. Et pour cause. Mais le pire, le plus bel acte restait encore à venir. Ce fut lorsqu’un type, on se demande encore comment, parvint à déjouer la sécurité du Parlement Européen. Il s’était métamorphosé en bombe humaine, comme l’avait fait Clément bien avant lui. Et il passa encore mieux qu’une lettre à la poste ! L’hémicycle était presque complet. On devait, notamment parler de cette vague de suicides qui, depuis trop longtemps, semait la terreur et les troubles un peu partout. Tâcher de trouver des solutions. On n’eut même pas le temps d’en évoquer une seule. Le débat fut à peine lancé, que le kamikaze se leva. Il déclara que le seul remède à cette vague de suicides touchant les plus pauvres, les exploités, les travailleurs, les précaires ou les chômeurs ; eh bien ! La seule solution, c’était qu’eux, les bourgeois, les nantis, les dirigeants du monde, disparaissent à tout jamais de la surface de la planète. Une solution certes radicale selon lui. Mais qui prouverait largement son efficacité dans le futur. En somme, on n’avait pas trouvé mieux depuis Ravachol et les propagandistes par le fait ou les nihilistes russes de la fin du dix-neuvième siècle. Le cycle perpétuel sans doute. Ou une autre connerie dans le genre. Allez savoir. Les malabars de la sécu eurent juste le temps de le saisir. Trop tard. Détonateur en main, le type pressa le bouton. Très peu de députés s’en tirèrent. Et donnèrent aussitôt leurs démissions. Le Parlement resta vacant tant qu’on ne trouva pas à les remplacer. C’est-à-dire très longtemps. Le temps aux gens de prendre enfin leur vie en main et d’essayer, ensemble, de changer le monde. Mais ça, c’est une tout autre histoire… »

 

P’tit Fred

 

Publié dans:Noire & polar (non éditées) |on 1 septembre, 2011 |Pas de commentaires »

Viva La Muerte ! (Conte cruel de la bêtise ordinaire).

 

Cette courte nouvelle date un peu. Elle a même plutôt vieilli et est pleine de clichés. Et vous remarquerez que depuis, le Parti dont il est question a changé de Fürh… pardon, de chef. Mais les choses ont-elles changé dans le fond ? Et combien reste-t-il de Robert, de Jean-Paul, de Marcel et autres clichés du même genre en France et ailleurs ?

Ce texte n’a pas été publié sous format papier. Et ne le sera probablement jamais.

« Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait » Vieux proverbe populaire.

 

 

« Robert habite dans un petit appart’ au cœur d’une banlieue ouvrière, dans une ville française quelconque. Et on peut affirmer, sans se tromper, que Robert, avec son air débonnaire et un rien stupide, sa moustache et ses cheveux grisonnants, ainsi que sa bedaine bien garnie de cinquantenaire, est un type très bien. Un honnête ouvrier, un citoyen et un père modèle. Sa femme, ses trois gosses (surtout le dernier de 14 ans, quand il arrive à parler entre deux pains dans la gueule), ses collègues de l’usine, pas plus que ses quelques copains du Café des Amis – où il a ses habitudes depuis vingt ans – ne nous contrediront pas là-dessus. A moins, bien sûr, de faire preuve d’une mauvaise foi extraordinaire.

 

Six heures trente. Comme chaque matin depuis plus de trente ans, le radio-réveil tire notre brave prolo d’un sommeil qu’il n’avait pourtant réussi à trouver que très tard, dans la nuit. Forcément, si ces blaireaux de la télé diffusaient « Très Chasse » à des heures raisonnables, aussi… Alors, péniblement, il se lève prenant bien garde de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller Denise, qui partage son lit et sa vie depuis de très longues années déjà. Et ça, ça relève déjà de l’exploit sportif quand le gras et les rhumatismes ont remplacé la souplesse et l’agilité ! Après une rapide douche, deux cafés noirs et quelques bouffées d’oxyde de carbone (en gauloise brune, depuis toujours.), Robert retourne dans la chambre à coucher et embrasse sa femme. La veinarde ne se lèvera qu’une heure après son départ. Il faut dire que, à part s’occuper du petit dernier, de la maison, du ménage, de la popote, des démarches administratives du foyer, des courses et j’en passe… Bah ! La Mère Denise – comme tous les voisins la surnomment affectueusement – elle n’a quand même pas grand-chose à foutre de ces journées !…Alors, pense Robert, elle a bien le temps de s’abrutir devant des niaiseries genre Dallas et autres Santa Barbara… C’est sûr, le Robert a des idées vachement progressistes en matière de condition féminine… en comparaison à celles des Islamistes intégristes.

 

Sur la route qui le mène, comme chaque matin, à l’usine, Robert écoute les dernières nouvelles du jour sur France Info. Il n’est généralement ni très éveillé, ni franchement d’humeur à échanger le moindre mot à qui que soit à une heure aussi matinale. Pourtant, depuis deux semaines, Bébert (comme tout le monde l’appelle… affectueusement !) est très fier de se rendre au turbin dans sa belle Fiat flambant neuf. Deux mois pour se décider sur la couleur, quand même : un beau rouge ne passant pas inaperçu. Et à peu près autant de temps pour conclure le contrat de crédit avec son banquier. Alors du coup, depuis deux semaines Bébert a un peu de baume au cœur le matin… Bon, un crédit sur cinq ans ce n’est pas la mort non plus ! Ah ! C’est vrai, il y a aussi celui souscrit pour vingt ans histoire d’avoir un chez soi bien à soi ! Bah ! C’est sûr que ce n’est pas avec une paye à peine supérieure au SMIC – pour une journée de huit heures d’un boulot qui ne demande que très peu de réflexion mais quelques efforts physiques. – que Robert aurait pu se permettre de tels investissements. Putain ! Quand même, ce banquier, style jeune loup tout juste sorti de l’école et bien propre sur lui, a une fâcheuse tendance à les lui briser sévère au Bébert, avec toutes ces questions à la noix ! Etonnant qu’il ne lui ait toujours pas demandé combien de fois il couchait avec sa femme dans la semaine… Avouons au passage que, s’il faut faire la comparaison, la vie sexuelle du couple ressemble, désormais, bien plus au désert glacial de la banquise qu’à la flore luxuriante de la forêt d’Amazonie…

 

Enfin, bref ! Robert n’est pas non plus vraiment du genre à se plaindre. Et c’est pour ça que tout le monde l’aime bien, ses collègues comme les contremaîtres ! Bon, y a bien ce petit con d’intérimaire fraîchement débarqué dans l’atelier qui ne semble pas trop l’apprécier… Bizarre ce type d’ailleurs qui vient bosser avec des T-shirt avec des trucs style « Action Directe » ou « Red Army Fraction » marqué dessus. Sûrement une espèce de gauchiste ou, pire encore, une petite raclure d’anarchiste de merde ! Si on se met à faire bosser des types dans son genre maintenant, faut pas s’étonner que le boulot soit bâclé et que le pays parte à vau-l’eau ! Tiens, il en toucherait bien un mot au patron à l’occas’ !

 

Avec ça ce… comment déjà ? Ah ! Oui Julien qu’il s’appelle ce merdeux ! Ce Julien, donc, ça ne le surprendrait même pas qu’il soit dans un de ces machins-là… Ouais, un de ces comités de soutien aux sans-papiers comme ils disent au 20H sur TF1. Bien le genre du mec, tiens ! Apparemment, ça aurait tendance à fleurir ces groupuscules à gauchos dans le coin. Un vivier de terroristes anars en puissances ouais, ces soi-disant comités !! Lui, Bébert, il en avait des voisins dans le genre : des pas Français là et même pas blancs avec ça ! Plutôt bien noirs et bien louches. Ce qui d’ailleurs va souvent de paire, se dit Bébert. Bah ! Ces enfoirés depuis qu’ils s’étaient installés dans l’immeuble avec leur chiée de gniards, bonjour le bordel !… Et le bruit et l’odeur, comme avait dit l’Ex. Sûr que ces salauds vivaient d’allocs et n’allaient même pas bosser. Et ça, ça  le gonfle le Bébert, lui qui trime depuis plus de trente ans. Et n’allez surtout pas lui dire qu’il est raciste ! Ca non ! Certainement pas ! Jamais de la vie ! Plutôt crever !

 

Merde, pendant prés de quinze ans, Robert il avait ses deux cartes : une au PCF, l’autre à la Cégét’. Alors lui, raciste, faut pas déconner non plus ! D’accord, il y a bientôt dix ans, il en a eu plein le cul des autres syndiqués (encore des gauchos à la mords moi le nœud.)… Alors, bon, les deux cartes à la poubelle ! En confettis. Il s’est encarté ailleurs, il a quand même gardé son âme de militant le Robert. Un petit parti très à droite, paraît-il, fondé vers 1975, un truc dans le genre. Et puis surtout avec un chef qui n’a pas la langue dans sa poche (pas comme tous les autres connards) et qui a fait l’Algérie, tout comme son frère aîné. Et ce dernier point, ça attire forcément la sympathie. Et ce n’est certainement pas par xénophobie, non ! Juste par dégoût de la politique, comme il le claironne. Et puis voilà, Bébert c’est juste un bon citoyen, point. Et puis merde. C’est quoi ces immigrés qui ne veulent pas s’intégrer aussi ?…

 

Bah ! Comme ses voisins-là, les noirs. Des Camerounais ou un truc dans le genre. Bon, tant qu’il n’y avait que le père ça allait encore. Pas forcément un mauvais bougre, d’ailleurs. Il était serveur dans le resto « Chez Maurice » où Robert allait déjeuner de temps en temps avec des collègues. Par contre, c’est quand sa femme et ses gosses ont débarqué que Bébert a trouvé que ça commençait à bien faire. Et un soir, rentrant du Café des Amis, il fut pris à partie par la concierge de l’immeuble. Une brave femme, la quarantaine, veuve de militaire et qui va à la messe tous les dimanches. Celle-ci lui appris, au détour de la conversation, que ni le mari, ni la femme n’avaient de papiers. Une concierge, ça sait toujours tout c’est bien connu. Elle conclut en lui lâchant, en même temps qu’un clin d’œil : « Enfin que cela reste quand même entre nous, hein ? »

Ni une ni deux ! Aussitôt monté chez lui, Bébert soucieux de remplir son devoir civique, appela illico le commissariat du quartier pour lâcher aux bourres l’info qu’il venait d’apprendre. Bon, précisa-t-il à l’agent qu’il avait en ligne, le tuyau n’était pas sûr à 100%, mais valait la peine d’être vérifié. Fier de son coup, il décapsula une bière qu’il savoura bien calé dans son fauteuil en matant le match du soir, une main fourrée dans le calbute. Et bien, deux jours plus tard, la concierge, ayant toutes les peines du monde à lui cacher sa jubilation, lui apprit que toute la famille fut embarquée par la police. Sans doute en direction du centre de rétention à quelques kilomètres de là.

 

Robert songeait souvent à cette histoire quand il bossait comme à cet instant précis. Sa gamberge fut subitement interrompue par la sonnerie annonçant la fin de la journée. 17H30. Direction le Café des Amis où Robert a rencard avec ses deux meilleurs potes : Marcel et Jean-Paul. En passant chez lui à midi, il avait prévenu sa femme qu’il ne serait pas là pour le dîner. Il avait à faire.

 

Après avoir commandé un demi il s’installe à table, juste en face de Marcel. Une fois que les trois copains eurent échangé les banalités d’usage ; Marcel, le teint déjà rougeaud pour avoir eu le temps de siffler six bières et trois ou quatre canons de rouge avant que les autres ne le rejoignent, lui lâche, presque hilare :

-         Tu viens toujours avec nous pour le collage, Bébert ?

-          Bien sûr, toujours, répond ce dernier.

-         Bon, reprend Marcel, on finit ça et on décolle. Tout le matos est dans ma bagnole

et il faut que je sois rentré de bonne heure, sinon la bourgeoise va me tuer.

A ces mots, les deux autres éclatèrent de rire, eux qui aimaient bien titiller Marcel sur le fait que « bobonne le tenait par ouilles » comme ils le disaient si finement. Marcel perdit d’un coup son sourire et manqua aussi d’en perdre son sang-froid. Sûr qu’il n’aimait vraiment pas qu’on le charrie là-dessus, lui, le chasseur émérite qui a tué au moins autant d’animaux dans sa vie que l’Eglise catholique n’a massacré de gens depuis les croisades. Et puis, il avait très peu le sens de l’humour après avoir autant picolé. Jean-Paul, calmé de son fou rire, intervint alors :

-         T’agace pas, vieux ! Tu sais bien qu’on déconne ! Et puis faut bien se détendre après l’ boulot, non ?

-         Ca va ! Lance Marcel irrité. T’as raison. Bon on y va ? 

Robert et Jean-Paul échangèrent un regard complice, l’air de se dire, que, depuis six mois qu’il est à la retraite, bah, le Marcel il est quand même devenu drôlement bizarre en plus de torcher encore plus sévère. Déjà qu’avant… Tout le monde se souvenait de cette partie de chasse où, déjà largement attaqué, il abattit d’une décharge de chevrotine son frère (chasseur lui aussi), parti se réfugier derrière un bosquet pour y vomir la bouteille de pastis qu’il venait de liquider dès onze heures du mat’. « Ca bougeait là dans l’ buisson, qu’il avait dit aux pandores du bled, je croyais que c’était un lièvre ou un sanglier… »

            

Deux heures plus tard, dans une cité, pas très loin de chez Robert. Marcel est resté au volant de sa Mercedes et attend patiemment ses deux amis… une Kro à la main. Non loin de là, les deux autres s’activent sur le trottoir. La séance collage touchant à sa fin, Jean-Paul badigeonne le panneau d’affichage de colle avec un vieux balai pendant que Robert déroule une grande affiche. Sur celle-ci, figure un grand portait d’un vieux borgne tristement célèbre et surtout gravement con. Les élections pestilentielles étant toutes proches. Sous le portrait du gravement con, un slogan tout aussi gravement con du genre : « pour embaucher les Français d’abord, renvoyons déjà les immigrés chez eux. » Gravement con et aussi gravement pas très inspiré. En même temps, logique, venant d’un parti présidé par un vieux con sénile et dont la majorité des militants et des électeurs sont, eux aussi, des vieux cons séniles qui n’ont probablement jamais rien entravé à l’Histoire, à la beauté des métissages culturels et ethniques, aux films de Ken Loach ou de Kubrick, aux livres de George Orwell ou à ceux de Jean-Bernard Pouy et de ses collègues en littérature noire, au combat des Blacks Panthers, à la musique de Jimi Hendrix, celle de Laurel Aitken, à la contestation punk ou hip hop, au vieux rhum des îles, à l’herbe qui sent le soleil quand on la fume… Bref, à la vie ! Et surtout qui n’ont pas compris qu’il faut vraiment être gravement con, déjà pour espérer quelques choses de ce type d’élections mais, surtout, pour aller voter pour un vieux borgne sacrément con quand même en plus d’être franchement raciste et fasciste !

Donc, les deux vieux séniles gravement cons, Jean-Paul et Robert, s’affairent presque pieusement sans se douter de la scène qui se prépare au même moment. Ce qui, vous allez le voir, est plutôt très con pour eux.       

En effet, des jeunes du quartier s’attroupent déjà derrière les deux vieux cons qui sursautent en lâchant leur matos au cri de :

-         Alors les vieux fachos ! On pourrit la cité avec ces affiches de merde ?

Robert, pas tout à fait sénile bien que franchement con, faut-il le rappeler, reconnaît aussitôt la voix de Farid, le fils de 19 ans de son voisin Marocain. Se retournant il aperçoit trois autres lascars avec le jeune homme.

-          Ecoute, Farid, commence-t-il pas très rassuré. Tu sais que je n’ai rien contre toi, ton père ni même tes potes. Mais tu vois, on est encore en démocratie, alors si vous n’aimez pas…

-           Ah ! Ouais ! Un sacré démocrate ton pote Le Pen !

Jean-Paul, fouillant dans sa poche et ne trouvant sans doute pas ce qu’il y cherche, blêmi affreusement, adoptant ainsi la couleur des costumes du Ku Kux Klan, mais trouve la force de lâcher aux jeunes :

-           Cassez-vous, bandes de petits merdeux et laissez nous travailler !

-           T’appelle ça travailler, toi ? Interroge Farid. Moi j’appelle ça nous insulter moi et

mon reup’ !

-          Fais pas chier ! grommelle Jean-Paul sortant enfin ce qu’il cherchait

désespérément : son vieux flingue.

-          Fais pas le con, Jeannot ! S’écrie Robert.

-          Tu crois m’impressionner, vieille merde avec ton joujou ? S’exclame alors Farid.

-          Tu vas voir si c’est un jouet ! 

Robert devient carrément livide – et fait à son tour très « White Power » –  lorsqu’il voit Farid sortir, à son tour, un revolver et le pointer sur son pote. Jean-Paul vise Farid et Farid vise Jean-Paul. Mais Jean-Paul est tellement con, qu’il n’a même pas pensé à vérifier si son flingue était chargé. Alors, pressant la détente, il s’aperçoit un peu tard qu’il ne ferait même pas de mal à une mouche.  Robert, retrouvant du courage au moment où l’autre abruti de Jean-Paul se chie littéralement dessus, au sens propre si on peut dire, pensant que Farid lui non plus n’a pas songé à vérifier son arme, se jette sur le jeune, tente de le maîtriser, mais étant d’un âge plus que mûr voire pas très loin de l’âge bien pourri, il n’y parvient pas… Et…Un coup de feu retentit qui fait sursauter Marcel, à moitié endormi sa bière à la main… 

           

Jean-Paul est aussi blanc qu’un cachet d’aspirine ou qu’un Rivarol devant le corps inerte de Robert qui, venant de se prendre un pruneau en plein cœur, gît sur le trottoir. Son sang se répand, souillant la sale gueule de son idole sur l’affiche. Farid et les autres n’en mènent pas large non plus. Le jeune Marocain bredouille, à l’attention de ses potes :

-           J’ voulais pas… Le coup est parti tout seul…

-           On se casse ! » lâche l’un de ces potes. Et désignant Jean-Paul, ce pourri là va

sûrement appeler les keufs !

Alors, sans demander leurs restes ni même laisser la moindre adresse au vieux con se déféquant encore dessus, les quatre jeunes détalent comme des lapins.

Jean-Paul, secoué moralement autant qu’intestinalement, retourne à la Mercedes du troisième sénile. Ce dernier s’écrie :

-          Putain ! C’était quoi ce coup de feu, bordel ?

-          Bébert… Bébert… bafouille Jean-Paul.

-          Quoi, Bébert ? T’accouche, nom de dieu !

-          Bébert… il… il… il vient de… de se faire descendre…

-          Hein ? Tu déconnes ?

-          Non…

-          Descendre mais par qui ?

-          Par… par une bande de bougnoules !

-          Ah ! Les enculés ! Et toi, t’as pas ton flingue ?

-           Pas chargé !

-          Abruti ! Monte. on trace au commissariat porter plainte.

 

Marcel démarre aussitôt en trombe, direction la maison poulaga. Il fonce et en plus il est torché comme un porc. Le commico n’est pas très loin, seulement à cinq cents mètres de là. Manque de bol, pressé qu’il est, Marcel grille le premier feu aussi rouge que sa tronche qu’il croise. Re-manque de bol, un camion-citerne, livrant la station-service du quartier, lui coupe la route pile à ce moment-là. Forcément, Marcel étant aussi bourré qu’il est con et sénile, n’a le temps ni de le voir venir, ni de l’éviter ! Et ça, c’est vraiment con pour sa Mercedes qui fonce direct dans la citerne !! Et c’est vraiment con aussi parce que, la collision entre une sale Mercedes de merde et une citerne remplie d’essence provoque, logiquement, une bonne grosse explosion à réveiller tout un quartier. Et ça, c’est franchement con, vu que ça ne laisse aucune chance de salut à deux crétins séniles : l’un bourré comme un coing et l’autre incapable du moindre mouvement tellement il a blindé le fond de son futal d’excréments.

           

Enfin le plus con quand même, dans toute cette histoire, c’est que deux vieilles raclures, limites xénophobes sur les bords, auront loupé de très peu l’âge de la retraite. Et que la troisième n’aura même pas eu le temps d’en profiter. »

 

P’tit Fred

Publié dans:Noire & polar (non éditées) |on 1 septembre, 2011 |Pas de commentaires »

Philires... |
romans et nouvelles |
Blog officiel de l'éco... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La Bouquinerie de Pont de B...
| cheikh451964
| Capitaine!