Archive pour la catégorie 'Science-fiction (non éditées)'

Planète Sanatoria A-1

 

Cette nouvelle est plus récente que les deux précédentes puisqu’elle a été achevée fin juillet 2010 (les autres datant de 2007/2008). A l’époque, je m’étais gavé d’épisodes de Twilight Zone (oui, vous allez comprendre).

 

Elle mériterai, à mon goût, d’être retravaillée (beurk, ce mot !), approfondie et étoffée. Il se pourrait que je m’y penche sérieusement (c’est quoi ce terme encore ?!) un de ces mois… plutôt qu’un de ces jours, étant un adepte de la procrastination (enfin un mot doux et agréable à l’oreille). De plus, j’ai d’autres projets sur le feu (voir la pages « Projets »)

 

 

 

 

 

 

 

« Le docteur Jack Smith était à son bureau lorsqu’il reçut un coup de fil. Il décrocha le combiné de l’appareil. L’écran du phonécran s’alluma et un visage familier au docteur apparu.
-         Ah ! Monsieur Goodman, bonjour.
-         Bonjour Docteur. Je ne vous dérange pas j’espère.
-         Non. A vrai dire j’allais prendre ma pause-déjeuner.
-         Ecoutez docteur. Je vous appelle du poste de police. Des agents ont appréhendé un individu… bizarre ce matin.
-         Bizarre ? Interrogea Smith. Des individus bizarres, comme vous dîtes, j’en ai plein les murs de cet hôpital. Qu’entendez-vous par là ?
-         Eh bien, docteur. Il s’appelle Stevens Hall, d’après les fichiers de la police. Mais lorsqu’on l’a arrêté il portait une tenue plutôt étrange et prétendait venir du passé. De la Palestine ancienne plus précisément. L’identité qu’il a déclinée aux agents est celle de Jésus Christ.
-         Jésus Christ ? Comme le soi disant Messie ?
-         Tout à fait docteur. Il prétend être le Messie. Son père s’appellerait Joseph et sa mère Marie. Enfin, d’après lui son véritable père serait un type nommé Dieu.
-         Dieu, une abstraction plutôt qu’un type…
-         M’ouais… Et bien sûr il n’a jamais connu de Stevens Hall ! A vrai dire il semble découvrir le monde actuel. Comme s’il venait réellement du passé.
-         Cas intéressant, fit le docteur, pensif.
-         Je me suis dit qu’effectivement il vous intéresserait, docteur. C’est pourquoi j’ai pris la liberté de vous appeler.
-         Vous avez bien fait, Goodman. Et bien, commença Smith en consultant son micro-agenda électronique, j’ai des rendez-vous jusqu’à seize heures aujourd’hui. Cependant pourrai-je passer voir cet homme, disons vers dix-sept heures ?
-         Bien entendu docteur. Retrouvons-nous à dix-sept heures, au poste alors.
-         Très bien. A tout à l’heure.
 
Smith raccrocha et l’écran s’éteignit. Un type se prenait pour Jésus. Et bien. Le docteur en avait vu des psychotiques, des névrotiques et des schizophrènes en tous genres. Il était psychiatre depuis bientôt quinze ans. Mais c’était la première fois qu’on lui parlait d’un Jésus. Fils de Dieu ! Plus personne, dans le monde, n’était encore assez dingue pour croire encore en un dieu quel qu’il soit. Depuis un siècle ou deux, la raison et la science avaient eu raison de ces vieilles croyances désuètes. Et c’était très bien comme ça. En tout cas, sur cette planète. Car oui, il y avait bien, dans l’Univers, un monde où l’on y croyait encore. Un monde bien connu du docteur qui, dans le cadre de sa fonction, fut amené à y faire quelques séjours.
      Smith sortit de son bureau. La porte coulissa derrière lui et se verrouilla automatiquement. Il s’engouffra dans l’ascenseur ultra rapide de l’immeuble. Des internes, des infirmières et d’autres médecins y étaient déjà. Il prit dans sa main le petit combiné suspendu dans la cabine : Rez-de-chaussée, dit-il. La machine se remit en branle. En quelque vingt secondes, et après des arrêts à plusieurs autres étages, la cabine arriva à destination, soixante-dix étages plus bas. Smith en ressortit alors. Dans le couloir se trouvaient plusieurs petits véhicules. Des sortes de trottinettes électriques. Le docteur s’installa sur l’une d’elles, tenant le guidon tout en restant debout.
-         Quelle est votre destination ? Fit une voix métallique venant de l’engin.
-         Le réfectoire, répondit Smith.
La machine se mit en route automatiquement. Elle stoppa quelques instants plus tard devant l’entrée de la cantine.
 
            Ayant quitté les locaux de l’Agence Publique de Recherches et de Soins des Maladies Mentales (APRSMM), Smith se dirigea vers le métro. A l’entrée de celui-ci, il s’engagea à nouveau dans une cabine d’ascenseur. Il descendit ainsi au troisième sous-sol. Puis il sauta dans la première rame de métro. Quelques minutes plus tard, il se trouvait à l’arrêt de l’Agence Centrale de Police de la ville. Toujours en sous-sol, il prit l’ascenseur qui le conduit directement au rez-de-chaussée de l’ACP. A l’accueil il demanda Monsieur Goodman. Le flic en faction lui dit :
-         Monsieur Goodman. De la part de qui ?
-         Du docteur Smith. Nous avons rendez-vous à dix-sept heures.
-         Bien, fit le flic. Je vais voir s’il est arrivé. Il décrocha son phonécran : Oui. Monsieur Goodman est-il dans les locaux ? Le docteur Smith est en face de moi. D’accord. Très bien. (Puis s’adressant au docteur après avoir coupé la communication). Monsieur Goodman vous attend. 33ème étage, bureau C336. Vous pouvez prendre l’ascenseur derrière vous. Ensuite à gauche couloir C. C’est au bout du corridor.
-          Très bien, merci.
Trente troisième étage. 33. Justement l’âge du Christ à sa mort. La coïncidence fit sourire Smith lorsqu’il pénétra dans la cabine.
            Un homme petit et trapu, au crâne chauve et lisse, d’une quarantaine d’années l’attendait juste à la sortie de l’ascenseur. Les deux hommes se serrèrent la main.
-         Content de vous revoir, docteur Smith.
-         De même Monsieur Goodman.
-         Oui, j’étais dans mon bureau quand on m’a annoncé votre arrivée. Mais j’ai pensé que vous souhaiteriez voir Hall tout de suite.
-         Où est-il ?
-         Dans la salle d’interrogatoire C.I 25. Si vous voulez bien me suivre.
Smith et Goodman s’installèrent chacun sur une trottinette. Les engins filèrent dans le couloir C.
-         Ah oui, docteur. J’ai avec moi le dossier de ce monsieur Hall. Vous désirerez sans doute y jeter un œil avant de l’interroger.
Les véhicules s’arrêtèrent devant la porte C.I.25. Goodman présenta son badge électromagnétique devant un petit boîtier situé à droite de la porte.
-         Bienvenue Monsieur Goodman, fit une voix froide et métallique.
Puis la porte se déverrouilla, coulissant vers le haut pour laisser entrer les deux arrivants. Il y avait là un bureau. Et un micro-ordinateur posé dessus. L’un des murs de la pièce était une glace sans tain. De l’autre côté de cette glace, était installé un homme face à une table. Smith examina l’individu quelques instants.
-         Voilà notre homme, lâcha Goodman. Un sacré phénomène, je vous assure.
-         On aurait du mal à le louper en effet ! Rétorqua Smith.
Effectivement. Hall était vêtu d’une espèce de longue toge blanche. Par ailleurs il portait les cheveux longs ainsi qu’une barbe.
-         La ressemblance est troublante, marmonna le psychiatre.
-         Pardon ? Demanda Goodman.
-         La ressemblance de cet homme avec l’idée que l’on se fait de l’apparence du Christ. Très troublante.
-         Je dois vous l’avouer, docteur. Mais je ne me fais pas vraiment d’idée sur l’apparence du Christ ! Souhaitez consulter son dossier ?
-         Bien entendu.
Goodman inséra un micro CD dans l’ordinateur. Smith s’approcha de l’appareil et, s’asseyant face à l’écran, se mit à lire le rapport de police qui s’y était affiché. Quelques instants s’écoulèrent.
-         Comme vous pouvez le lire docteur, cet homme est persuadé d’être Jésus Christ. Il n’a aucune conscience de sa véritable identité. Il serait né il y a plus de deux mille ans en Palestine d’un père charpentier et d’une mère… restée vierge même en l’ayant enfanté.
Goodman ne put s’empêcher de s’esclaffer d’un rire franc à cette évocation.
-         Vierge ! Qui peut croire ces sornettes ! S’exclama-t-il.
-         Beaucoup y ont cru par le passé, Goodman. Je connais une planète où beaucoup y croient encore.
-         Une planète où…. Commença Goodman médusé.
-         Sanatoria A-1, si vous voulez savoir.
-         Ah, oui, reprit Goodman en perdant son sourire. La planète où le gouvernement expédie les cas incurables.
-         C’est bien ça. Pour en revenir à notre homme… Il aurait commencé à prêcher à trente ans passés, aurait eu douze disciples, et aurait été crucifié à trente trois ans, suite à la trahison d’un certain Juda.
-         C’est exactement cela, docteur !
-         Et bien il connaît ses Evangiles par cœur, c’est un fait !
-         Ses quoi ?
-         Aucune importance. J’ai l’impression que nous sommes en présence d’un cas de schizophrénie profonde. Ce Hall croit être un individu qu’il ne peut évidemment pas être. Il serait mort il y a plus de deux mille ans…
-         D’après ses dires…
-         De plus, rien ne prouve que ce Christ ait réellement existé. Bien. Pourrai-je le voir maintenant ?
 
Goodman appliqua son badge à coté de la porte de la seconde salle. Sa porte s’ouvrit, les deux hommes y pénétrèrent avant que la porte ne se referme.
-         Monsieur Hall, commença Goodman.
-         Je ne vois vraiment pas qui est ce monsieur Hall dont vous me parlez depuis ce matin. Je ne connais pas cet homme. Mon nom, je vous l’ai répété cent fois ; mon nom à moi c’est Jésus Christ !
-         Alors monsieur Christ, si vous préférez. Je vous présente le docteur Smith.
-         Un psychiatre, c’est bien ça ? Vous pensez que je suis fou ?
-         Et bien… entama Goodman sans conclure.
Lui et Smith s’essayèrent face à Hall.
-         Quand voudrez-vous me croire ?! S’écria Hall. L’histoire que je vous répète depuis ce matin est la stricte vérité ! Je suis né en Palestine. Mon père était…
-         Nous savons tout cela, monsieur Hall, l’interrompit le docteur.
-         Christ pas Hall, je vous dis !
-         Ce qui me chiffonne le plus d’après vos déclarations, reprit Smith, c’est que vous êtes  censé être mort depuis plus de 2000 ans. Comment expliquez-vous le fait d’être là en ce moment, puisque vous êtes mort ?
-         Je suis mort oui ! Ces barbares de Romains m’ont crucifié à l’époque ! Ils m’ont même torturé avant ça, quelle bande de sadiques !
Smith remarqua, éberlué, les mains percées et ensanglantés de l’homme. Les traces des stigmates.
-         Ce Juda, en qui j’avais toute confiance m’a vendu à ces gens ! Pour trente pièces d’or. Ma vie ne valait pas plus à leurs yeux.
-         Oui, intervint le psychiatre, et le gouverneur, Ponce Pilate s’est lavé les mains en apprenant la sentence prononcée contre vous. Je sais tout cela…
-         Alors vous me croyez ?
-         Pas vraiment non. Vous êtes mort, tout de même ! Alors…
-         Bien sûr, continua Christ/Hall. Mais mon père m’a fait revenir d’entre les morts afin que je reprenne son œuvre…
-         Je vois.
-         Ce monde ne croit plus en mon Père…
-         Votre père, le charpentier ? Demanda Goodman.
-         Non. Mon véritable père biologique. Dieu, l’architecte de l’Univers. Dieu merci, mon vrai père n’était pas qu’un simple ouvrier mais l’Ingénieur ultime, le Créateur ! Je dois de nouveau prêcher sa parole dans ce monde d’infidèles. Voilà pourquoi je suis de retour.
 
Smith et Goodman se trouvaient dans le bureau de ce dernier. Assis l’un en face de l’autre.
-         Qu’en pensez-vous docteur ?
-         On dirait un fanatique ! Il croit vraiment ce qu’il raconte. Ce personnage, cette deuxième personnalité, dans son corps, ce Jésus Christ, semble avoir totalement évincé sa véritable identité.
-         Vous voulez dire Stevens Hall ?
-         Oui. Pour lui, il n’y a plus de Stevens Hall. Il n’y en a même jamais eu. Par contre, avez-vous remarqué les trous dans ses mains ainsi que sa couronne d’épines ?
-         En effet. Il se serait lui-même infligé ces tortures ?
-         C’est ce que je crois… Mais allez savoir si on ne les lui a pas infligés !
-         Souhaitez-vous que nous le transférions dans vos services ?
-         Oui. Je vais en informer le Ministère. Je vous avoue que j’aimerais le garder ici, dans mes services. Mais je crains fort que le Ministère, à en juger son cas, décide de l’envoyer sur Sanatoria A-1 !
-         Vous pourriez peut-être l’examiner sur place ?
-         Peut-être. J’en ferai la requête s’ils décident de l’expédier là-bas.
 
Quelques semaines plus tard. Hall se trouvait dans une cellule capitonnée, allongé dans un lit et sous camisole chimique. Le docteur Smith fit son apparition dans la chambre, accompagné d’un interne.
-         Il est complètement abruti de médocs, docteur, commença ce dernier en entrant. On a dû lui injecter une bonne dose de sédatifs pour qu’il se tienne tranquille.
-         J’aimerais tout de même lui parler, rétorqua Smith. Un agent du Ministère doit passer d’ici une heure. Je pense que ces messieurs ont déjà pris leur décision.
-         Sanatoria ? S’enquit l’interne.
-         Oui. Exil sur la planète sanatorium, je pense ! C’est vrai qu’il ne semble pas y avoir grand-chose à faire pour ce pauvre bougre. J’aurais pourtant aimé…
-         Je crois qu’ils ont raison, docteur. Ce type semble irrécupérable. Enfin, je vais lui refiler de quoi le sortir un peu de sa torpeur, vous pourrez ainsi lui parler.
-         Parfait.
L’interne injecta un produit avec une seringue dans le bras de Hall. Après quelques minutes, celui-ci sembla s’éveiller.
-         Ah, c’est vous docteur ? Vous ne voulez pas me relâcher ?
-         Dans votre état, commença Smith.
-         Mes blessures aux mains et aux pieds semblent cicatriser, rétorqua le patient en regardant ses membres.
-         Je ne pensais pas à vos blessures…
-         Ces Romains étaient vraiment des sauvages ! Faire ce qu’ils m’ont fait ! Oser faire ça à un homme.
-         Je voudrais vous poser quelques questions, Jésus. Commença Smith.
-         Je vous écoute, docteur.
-         Etes-vous sûr de ne pas vous les être infligé vous-même, ces blessures ?
-         Vous m’avez déjà posé cette question des centaines de fois ! Vous après les flics. Je vous l’ai dit, ces blessures sont les traces des clous avec lesquels ces Romains m’ont crucifié ! Allez-vous me croire enfin ?
-         J’aimerais beaucoup, commença le psychiatre. Mais avouez que c’est un peu gros…
-         Les clous ! S’écria le Christ. Ces putains de clous, oui ils étaient gros ! Avez-vous vu les trous dans mes mains ?
-         Oui, répondit Smith. Mais je crois que vous êtes seul responsable de tout ça.
-         Je vous jure, docteur, hurla Hall, je dis vrai.
-         Soit. Une autre question, Jésus. Connaissez-vous Stevens Hall ? Là, l’homme sur la photo ?
Il tendit la photo à Hall qui la regarda, perplexe. L’homme sur le cliché lui ressemblait beaucoup. Comme si c’était lui-même.  A la différence près, que le personnage sur la photo, était imberbe.
-         Je vous l’ai pourtant dit, docteur, lâchait Hall.
-         Regardez bien ce cliché Jésus. Fit Smith. Etes-vous sûr de ne pas reconnaître ce monsieur Hall ?
-         Pourquoi devrais-je le reconnaître ? Quel rapport je peux bien avoir avec ce type ?
-         Même en y réfléchissant, ça ne vous dit vraiment rien ?
-         Vous me demandez ça sans cesse ! Cria le Christ. Non ! Non ! Je ne reconnais pas ce… ce Stevens, comment déjà ?
-         Hall. Stevens Hall. Je suis sûr que si vous réfléchissiez assez longtemps vous vous rappelleriez !
-         Impossible ! Je n’ai jamais vu cet homme de ma vie ! Jamais !
Il y eut un long silence. Jésus Hall restait hébété devant la photo. Ce cliché pris de lui plusieurs années auparavant. Avant qu’il ne sombre irrémédiablement dans la folie. D’abord ce fut comme un jeu. Il s’était laissé pousser les cheveux et la barbe. Ses amis n’arrêtaient pas de le taquiner, lui disant qu’il ressemblait fort au messie des chrétiens. A l’époque où il restait encore des chrétiens. Puis il fut très malade. Il perdit, suite à ça, son boulot et sa famille. Alors qu’il luttait contre son cancer il s’intéressa à la vie et à l’œuvre de cet homme à qui on prétendait qu’il ressemblait. Il n’avait plus rien d’autre à quoi se raccrocher même une fois guéri de son mal. Si ce n’est l’alcool et des drogues hallucinogènes et chimiques. Des drogues qui lui détraquèrent la cervelle. Fatalement il finit par prendre son rôle du Christ au sérieux. La schizophrénie, cancer psychique, s’empara de lui alors que le crabe l’avait lâché. Stevens Hall était mort. Tué par un revenant. Tué par Jésus Christ.
Smith reprit :
-         Vous connaissez très bien cet homme. Ou plutôt vous le connaissiez. Cet homme, c’était vous. Stevens Hall, c’était vous. Stevens Hall !
-         Impossible ! Impossible !
Hurlait le Christ alors que l’interne et Smith quittaient sa chambre. Il braillait encore quand la  porte se referma derrière eux.
-         Impossible ! Impossible ! Je suis le Christ ! Je suis le Christ ! Le Christ !
 
Le docteur Smith était assis dans le fauteuil de son bureau. En face de lui se trouvait un grand brun, la trentaine. Serré dans un costume hyper chic comme seul en portaient les agents du gouvernement. Les deux hommes regardaient un télécran. Ce dernier diffusait la scène qui venait de se dérouler dans la chambre de Stevens Hall.
-         Bien, nous en savons assez, docteur Smith. Commença le brun. Vous comprendrez la décision du gouvernement. Vous-même le reconnaissez : son cas est irrécupérable.
-         Oui, monsieur Jameson. Pourtant son cas est très intéressant…
-         Peu importe, docteur. Il partira dans la prochaine fusée qui va sur Sanatoria A-1.
-         Si c’est la décision du gouvernement…
-         Elle est irrévocable, docteur Smith. Il y a beaucoup de sujets sur cette planète. D’après nos estimations ils seraient plus de six milliards à l’heure actuelle.
-         Six milliards ? S’étonna Smith. Mais nous n’avons jamais expédié six milliards de fous sur…
-         Peut-être aurions-nous dû les stériliser avant de les envoyer là-bas. Le gouvernement réfléchi en ce moment à cette question.
 
Un mois s’était encore écoulé, alors que la fusée interstellaire approchait de sa destination, la fameuse planète Sanatoria A-1. Hall se trouvait avec neuf autres malades. Les dix étaient sous sédatifs. On vit bientôt, de l’avant de l’engin une boule bleue s’approcher. Hall l’aperçu. Une belle boule bleue vers laquelle se dirigeait la fusée. Il interrogea alors le garde qui se trouvait avec les malades :
-         Sanatoria ? C’est bien elle ?
-         Oui, Hall Sanatoria A-1. La planète asile d’aliénés !
-         Est-ce là son seul nom ? N’a-t-elle pas un nom moins…
-         Moins évocateur ?
-         Oui, par exemple.
-         Et bien pour nous c’est Sanatoria A-1. La première planète sanatorium. Pour les fous qui… Enfin, je veux dire, pour ses habitants, elle a effectivement un autre nom. Oui, tu vois Hall, ceux qui vivent sur cette planète l’appellent : la planète Terre !
-         La Terre ?
-         Oui, la Terre. C’est comme ça qu’ils la nomment. »
 

P’tit Fred

Publié dans:Science-fiction (non éditées) |on 1 septembre, 2011 |Pas de commentaires »

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