Extrait de Brutal Holocaust n°2.

 

 Et voici un deuxième extrait de Brutal Holocaust :

« Nos emmerdes ont commencé dès notre réveil (aux alentours de quinze heures du mat’). Je tenais pour ma part une gueule de bois si virulente, qu’avant de recouvrer ce qu’il me restait d’esprit, j’étais persuadé que la Wehrmacht et la Luftwaffe remettaient ça comme en 40! Autant dire que j’étais dans une grande forme et de super bonne humeur. Jetant un coup d’œil sur les tas de viande soûles et avariées affalées alentours, et pour les meilleurs morceaux, dans des duvets, je compris que tout le monde autour de moi partageait mon état d’esprit. Ça allait être drôlement coton de trouver celle ou celui qui serait en état de ramener le camion et son chargement de matos et d’asociaux à bon port! Une sacrée gageure ouais. Allez trouver un capitaine de soirée responsable et constant dans sa résolution de ne pas descendre trop de canettes, parmi une bande de sales painques, chômeurs ou RSAstes pour la plupart. Déjà, ce n’est pas gagné. Alors si vous envoyez cette même horde au beau milieu d’un festival au cours duquel tout le monde, jusqu’aux organisateurs, s’entraîne dès seize heures – sur trois jours s’il vous plaît – dans l’hypothétique espoir que le lever de coude soit enfin reconnu comme une discipline olympique à part entière… Vous comprendrez l’étendue du désastre.

 

-         Putain! Sale crust ! Tu schlingues à mort, merde!

Ça, c’est Trotski, le seul redskin de la bande qui, par ces paroles chaleureuses et si douces à entendre au réveil, déclarait ouvertes les hostilités. Putain, ça promettait. Le « sale crust » incriminé, c’était Clém’. Clém’, mon cher gratteux qui jouait du bourrin et du sursaturé comme un chef. Clém’ que j’avais rencontré il y avait bien longtemps sur un concert des Blockheads. Clém’, aussi accroc que moi au crust moderne (de salon, dirait Trotski) à la Tragedy, From Ashes Rise, Victims, Fall Of Efrafa et j’en passe. Le mec avec qui on avait fini en dégrisement, par un beau et fort ensoleillé dimanche matin d’août. Tout ça, simplement parce que mes voisins chéris du dessus ne supportaient plus qu’on braille tel des veaux sur du Discharge à fond de cale, à l’heure de la messe. Ou de Téléfoot. Voire du premier glaçon dans le premier pastis. C’est-à-dire en fin de soirée, pour nous. Clém’, avec qui, fatigués de prendre des muflées sans raison et sans projet pour les égayer, on avait finalement décidé de monter un groupe. D’abord pour s’éclater entre nous à faire du bruit en vidant des packs d’un breuvage sacré et houblonné, puis pour faire comme nos idoles – les créateurs du D-Beat cités plus haut – jouer une musique pas trop compliquée à reprendre à trois grammes. Et surtout le faire dans un rade ou un squat (le must !) devant deux tondus et trois chevelus. Rarement défrayés. Au moins maintenant, on pouvait se prendre des cuites à l’œil. Et, dans les lieux les plus chouettes, on nous offrait même la bouffe. Le bonheur, quoi! »

P’tit Fred

Et ceci est l’affiche annonçant la sortie de la chose au Teddy Beer à Limoges :

affichesortielivret.jpg

Parti de la Vieillesse

Si La Souris Déglinguée avait écrit Parti de la Jeunesse 30 plus tard                  

 

Si tu crois qu’ tu fais partie
Du parti d’ la vieillesse
Ne te laisse pas émouvoir
T’as sûrement l’ cœur fragile
Si y a rien d’autre dans ta vie
Qu’une partie d’ ta vieillesse
Surtout n’ fanfaronne pas trop
Vu le peu d’ temps qui t’ reste
Qu’ ça soit ici où là-bas
Chez toi comm’ à l’hospice
Ça c’est sûr tu fais partie
Du parti d’ la vieillesse
Grav ‘ment atteint d’ la prostate
Perclus de rhumatismes
Sacrée chance pour toi papy
Si t’échappes au cancer
Si tu crois qu’ tu fais partie
Du parti d’ la vieillesse
Gaffe à Alzheimer qui t’ guette
Et t’ ferait perdre la tête
Si y a rien d’autre dans ta vie
Qu’une partie d’ ta vieillesse
C’est qu’ t’as zappé ta jeunesse
Neurones dégénérés
Qu’ ça soit ici où là-bas
Dans l’ bus, la superette
Tu sais que tu nous fais chier
Trois plombes pour faire la monnaie
S’ils t’ont pas r’tiré l’ permis
Sur la route tu te traînes
C’est à croire qu’ t’as toute la vie
Bien qu’ tu sois prêt d’ la fin !

 

 

 

Publié dans : Chants | le 4 septembre, 2011 |Pas de Commentaires »
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